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Funan, une poignante histoire animée sur la dictature cambodgienne des Khmers Rouges




Présenté et récompensé au Festival d'Annecy en 2018, Funan est enfin disponible en salle depuis ce 6 mars. Dirigé par le diplômé de l'école des Gobelins Denis Do, Funan est le deuxième long-métrage du réalisateur.
Le dessinateur nous plonge dans le Cambodge des années 70. Le pays est à l'époque contrôlé sous la dictature communiste des Khmers Rouges.
C'est en 1975, dans ce contexte cruel que se développe l'histoire de la famille de Chou, une jeune mère cambodjienne. Lorsque la révolution fait rage dans son village, les habitants et leurs proches en sont expulsés, contraints à rôder dans la campagne, sous l'autorité barbare des forces œuvrant sous la dictature.
Chou entreprend malgré elle cette mésaventure aux côtés de son mari Khuon, de sa mère ainsi que de ses frères et sœurs. Son enfant de 4 ans, appelé Sovan, lui est un jour arraché par les terribles mains du régime. Le garçon est voué à travailler, à devenir un soldat dès le plus jeune âge.

Le film est donc le récit de cette mère qui doit survivre sous ce régime totalitaire, tout en se dévouant à vouloir retrouver son fils. Entourée de sa famille, on découvre tout au long de l'intrigue l'atrocité de ce passage de l'histoire cambodjienne. Souvent oubliés, les Khmers rouges auraient laissés derrière eux entre 1,7 et 2 millions de morts en l'espace de 4 ans.
Le long-métrage témoigne d'une grande puissance visuelle, où chaque plan est aussi beau que l'autre. On a un dessin simple, finement réalisé, non sans rappeler les chefs-d'œuvre de l'animation nippone comme Le Tombeau des lucioles de Nakahata. Les décors sont magnifiques et prennent forme dans une nature chaude et sauvage.




Les personnages évoluent dans une nature luxuriante.


Funan brille de sa poésie visuelle, qui contraste avec l'atrocité du contexte mis en scène par Denis Do. On peut retrouver dans le film, des scènes parfois sans dialogue; on revient à ce cinéma brut, où l'image suffit à elle même. Pas besoin d'artifices.
Dans leur construction et leur développement, chaque personnage témoigne d'une grande sensibilité, agrémentée par les doublages qui sont d'une qualité exceptionnelle, avec au casting Bérénice Béjo et Louis Garrel.
En s'inspirant de le jeunesse de sa maman, l'artiste lui rend hommage avec cette histoire poignante et pleine d'authenticité. Funan, bien que très personnel pour son auteur, a ce côté universel dans la relation entre mère et fils, chose qui parlera à bon nombre de spectateurs.

Denis Do, en nous contant la petite histoire dans la grande, nous transporte, nous émerveille et nous bouleverse par la force d'une animation pure et sincère. 
















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